« Il n’y a pas de musique magique », mais elle peut soigner

La musique déclenche quelque chose chez tout le monde. Dépendamment de la pièce, du morceau, de la chanson… l’élément déclenché varie. Elle nous fait vivre des émotions, nous fait réagir et passer par différents stades : tristesse, la colère, joie, peur, etc… D’après Hélène Décis-Lartigau, musicothérapeute, la musicothérapie consiste à soigner avec la musique.

La discipline est récente dans le paysage des thérapies, c’est en 1974, à l’hôpital de la Salpêtrière, que c’est tenu le premier congrès mondial de musicothérapie. Mais la discipline existe depuis bien plus longtemps. Dans la Grèce antique, la musique était étudiée comme une science associée à la médecine, les mathématiques et la physique. Ils utilisaient les instruments pour influencer l’humeur.

Les Chinois avaient déjà trouvé une centaine de sorte de musicothérapies au cinquième siècle av. J-C. Il était dit que chaque organe du corps humain vibrait à un son particulier. Bien plus tard, au XXe siècle, les premières attestations professionnelles en musicothérapie ont été délivrées au Canada et aux États-Unis.

La musicothérapie fut ensuite utilisée pour soulager les traumatismes de la guerre au soldat en France dans les années 40 à 50. Le Centre International de Musicothérapie (le premier Centre français de formation à la Musicothérapie et aux techniques psychomusicales, crée en 1969) dit : « La musicothérapie est l’utilisation de la musique en but thérapeutique. Mais cette thérapie n’est pas nouvelle. Déjà, les peuples anciens entrevoyaient les pouvoirs quasi magiques, des effets sonores et musicaux sur les hommes. De nos jours, la musicothérapie fait l’objet de travaux scientifiques sérieux qui lui ont permis de prendre place dans de nombreux Centres Hospitalier comme thérapeutique complémentaire ou à part entière. » Le centre procède à des recherches sur le pouvoir affectif et relationnel de la musique, mais ils enseignent aussi des méthodes et des techniques : comment utiliser des outils pour pourvoir communiquer avec toutes personnes en difficulté.

Hélène Décis-Lartigau, formée au Centre International de Musicothérapie, est spécialisée dans les interactions bébé-parents. Elle est intervenue dans plusieurs centres pour la petite enfance, a accompagné des femmes enceintes et a participé à des projets sur la parentalité. Elle a décidé de travailler surtout avec ce public, puisqu’elle trouve que les interactions avec les bébés sont à l’origine de toutes sortes d’enjeux qui peuvent influer dans la future vie de l’enfant. Hélène participe également à l’accueil des familles de malades hospitalisés à l’hôpital Foch de Suresnes. Le mardi, elle tient deux séances pour relaxer et emporter les patients dans un monde libre immergé de musique.  « Quand on écoute de la musique et qu’on ferme les yeux, on peut voir un paysage imaginaire, ce sont des horizons libérateurs. » Dans ses rencontres avec les patients réguliers, elle joue une pièce qu’elle a choisie et ensuite le patient lui montre une pièce qu’il a choisi pour voir les réactions.

« Il n’y a pas de musique magique » explique Hélène Décis-Lartigau, on veut que cela fonctionne, mais la question n’est pas là, c’est un trajet qui nous fait avancer. Nous sommes des êtres sonores, on marche avec le son. La musique touche un endroit intime chez chacun. Quand on fait de la musicothérapie, on n’est pas limité juste à la musique classique, toute sorte de musique peuvent être utilisées par exemple, le rock, le pop, le reggae, etc. Le but est qu’elle relève quelque chose dans le corps, que ça touche le cœur d’une certaine façon. La musique est un moyen de s’enfuir, de voyager dans un monde intime, et de découvrir des émotions cachées. Et la musicothérapie est là pour toutes les découvrir et les dévoiler.

Kyra Charlton

 

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