La femme de György Kurtág « a fait de lui un mythe vivant »

Nous avons vu que György Kurtág était présent au sein du festival et qualifié comme “le plus grand compositeur en activité“. Nous aurions pu faire un résumé de sa page Wikipédia. Dire que György Kurtág est un compositeur… qu’il est hongrois… et qu’il est né en 1926…. mais nous avons préféré aller à la recherche d’informations dans les allées du festival.

Connaissez-vous György Kurtág ?

Joseph : J’ai le souvenir d’avoir écouté un quatuor de György Kurtág à la mémoire d’un de ses amis morts. C’était la première fois que j’écoutais du Kurtág et j’ai été impressionné.

Rémi : C’est un compositeur hongrois dans la lignée des grands compositeurs que l’on joue parfois au festival de Saintes en association à Bach. Bien que les périodes soient complètement différentes, ils vont très bien ensemble. C’est un compositeur que j’aime énormément. Lucchetti est aussi un très grand compositeur hongrois, de la même période.

Qu’est-ce qui vous plaît chez ce compositeur ?

Rémi : La structure, un peu rigoureuse et intellectuelle de la musique que l’on retrouve chez Bach.

Ivan Ilic : Donc György Kurtág a bientôt 90 ans et habite près de Bordeaux. Il a habité longtemps à Budapest et est à la fois compositeur et professeur. C’est un pianiste à l’origine, il joue encore du piano de temps en temps avec sa femme Marta, elle aussi pianiste. Kurtág est parti de Hongrie dans les années 50, assez tôt à cause des problèmes politiques. Et c’est quelqu’un d’extrêmement respecté dans son pays. Il est aussi très exigent. Il y a très peu de musiciens osant lui jouer ses œuvres, car il est critique. Au final, le niveau d’interprétation de ses œuvres est souvent de très haut niveau.

Il est ensuite devenu connu du grand public avec un concert enregistré à quatre mains avec sa femme. Ce concert a été édité par la maison de disque ECM dans un label allemand. Il y a des modes de jeu assez originaux. C’est sa femme qui a fait de lui un mythe vivant. Il y a des chorales de Bach qui sont extrêmement calmes. Quand il joue avec sa femme et que leurs mains se croisent, c’est un moment assez touchant. Ils étaient déjà vieux, ils avaient plus de 80 ans quand ils ont enregistré ce disque. Enfin, c’est quelqu’un d’assez associal, qui ne vient pas souvent aux concerts. Il se cache un peu. Il paraît qu’il travaille sur un opéra actuellement, mais continue à produire beaucoup malgré son âge, presque 90 ans.

www.youtube.com/watch?v=g319gW5_O0o

Pouvez-vous nous présenter le compositeur en quelques mots ?

Sébastien : Il vit toujours à Bordeaux. Il est né en 1926. Il est venu en Europe assez tard parce qu’il était « bloqué » à Budapest à cause du bloc communiste. Il a fait un voyage en Europe en 1956, mais a dû ensuite repartir. C’est d’abord un grand professeur de piano, un grand professeur de musique de chambre. On l’a connu à Paris à la fin des années 70. À partir de là, il a démarré une carrière de compositeur. C’est juste quelqu’un de très attaché à ses interprètes donc il fait jouer exclusivement certaines œuvres par certains interprètes. C’est quelqu’un qui joue encore beaucoup en concert avec sa femme.

Aimez-vous ce compositeur ?

Sébastien : Ah oui, bien sûr ! Moi je l’ai eu en cours, comme que professeur. Il m’aidait à interpréter certaines de ses pièces. C’est quelqu’un de très très très exigent, très torturé, il n’est jamais content de lui même, aussi des autres parfois. Il est mythique ! Les cours avec lui sont souvent épuisants. Et ouais… tout le monde l’aime beaucoup !

Pourquoi aimez-vous ce compositeur ?

Sébastien : Parce que c’est rare que les compositeurs soient aussi à l’aise sur les problèmes d’interprétation. Il maîtrise à la fois l’écriture, mais aussi comment il faut interpréter la musique avec les instruments. C’est vraiment un dialogue privilégié avec lui ! On parle vraiment de musique jusqu’au bout avec tous les paramètres. Sa musique est quand même assez rare, quelqu’un qui écrit bien.

Quelles sont les spécificités du compositeur ?

Sébastien : C’est écrire très simplement… écrire de manière très concise, mais avec beaucoup beaucoup d’intensité expressive ! C’est la manière dont il a pu se libérer de l’écriture. C’est quelqu’un qui était très bloqué par l’idée de devoir écrire des longues pièces, des symphonies, des pièces pour récital. Il a longtemps était bloqué par cela, et à un moment donné, il s’est dit, mais pourquoi… pourquoi faire des œuvres aussi longues ? Je fais des courtes pièces, mais très très très intense. C’est un peu sa spécialité. Il a également écrit des longues pièces pour l’orchestre philharmonique de Berlin qui dure une demi-heure.

Ines Tourdot

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Ines Tourdot

J'ai 15 ans. Je vis à Saintes. A la rentrée, je passe en première S au lycée Recouvrance. J'aime les sciences mais également le journalisme et la géo-politique.

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