Le JOA s’attaque à Tchaïkovski

Piotr Ilitch Tchaïkovski est un compositeur russe de l’époque romantique du XIX° siècle. Une de ses plus grandes compositions sont les suites d’orchestre du Casse-Noisette. Il a composé onze opéras, huit symphonies, quatre suites pour orchestre, cinq concertos, trois ballets, cent six mélodies et une centaine de pièces pour pianos. En d’autres mots Tchaïkovski est un compositeur prolifique…

Et le JOA (Jeune Orchestre de l’Abbaye) a décidé de s’attaquer au répertoire du musicien russe. Le JOA, cette formation internationale unique, composé de jeunes musiciens, travaille autour de répertoire classique et romantique, sur des instruments d’époque. Il y est possible d’y faire un master, deux années partagées entre l’Abbaye aux Dames et l’Université de Poitiers.

Samedi 15 juillet, au deuxième jour du festival, l’orchestre symphonique a joué des extraits des suites d’orchestre du Casse-Noisette opus 71 a et 71 b, et la Symphonie no.2 en ut mineur opus 17 dite Petite-Russie dirigé par Philippe Herreweghe, chef d’orchestre et de chœur belge.

Leur interprétation des suites du Casse-Noisette était très bonne. Pendant les moments intenses, l’orchestre a fait preuve d’une bonne compréhension des émotions que Tchaïkovski a recherché au long sa composition. Les musiciens ont joué la musique comme elle est écrite sur la partition, ce qui est bien quand il y a des danseurs, mais il n’y en avait pas… Ils sont un peu passés à côté de l’occasion de saisir de l’oeuvre et la rendre unique : rendre quelques mouvements un peu plus lents ou mettre plus d’emphase sur les nuances, par exemple.

Dans la Danse de la Fée-Dragée, le célesta : un instrument de percussion avec un clavier, a très bien joué et a donné un effet un peu mystérieux et enfantin. Le solo à la harpe, dans la Valse des fleurs, un des morceaux les plus connus du ballet, est angélique, la harpe doit ruisseler sur l’orchestre. Cette partie demande à ce que l’on prenne son temps pour faire de beaux phrasés et ne pas avoir de tempo imposé. Le solo de harpe joué au concert était bien fait pour l’illusion d’un ruisseau qui coule. Mais il aurait pu être plus vivant, bouger un peu plus, parce qu’il n’y a pas forcément de rythme imposé, on peut le jouer comme il est écrit sur la partition ou avec plus de rubato.

Leur interprétation de la Petite-Russie était très bonne et pleine d’émotions. Ils ont réussi à faire sentir les émotions à leur public, ce qui n’est pas toujours facile. La musique relève de l’expérience intime souvent et elle nous fait vivre des sensations qui, autrement, ne seraient pas là. Tout le monde a bien joué et ils se sont bien démontré comme ensemble. Mais certaines sections de l’orchestre n’ont pas toujours réussi à rester homogènes, alors que dans un orchestre cela doit être le but premier pour ne pas sonner comme des individus, mais plutôt comme une section.

C’est un travail qu’ils doivent accomplir en section, parce que dans les grands orchestres, on n’entend pas les individus, mais un seul orchestre, uniforme. Les quatre mouvements ont chacun fait vivre quelque chose de très différent entre l’excitation, le calme, la joie, le suspense, etc. Avec un peu plus de pratique, le JOA peut facilement maîtriser la Petite-Russie et le Casse-Noisette de Tchaïkovski. Ceci dit, le concert reste un beau moment, plein d’émotions et de moments fantastiques.

Kyra Charlton

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